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Faut-il être un grand groupe pour accéder à une vraie stratégie Go-To-Market ?

Tribune d’Olivier Forlini

Le 10 mars 2026


Longtemps réservée aux grands groupes, la stratégie Go-To-Market devient pourtant critique pour les PME et ETI, confrontées à des décisions de plus en plus risquées. L’émergence de nouvelles approches hybrides pourrait rebattre les cartes.


Pendant longtemps, la stratégie Go-To-Market structurée a été l’apanage des grands groupes. Accès aux meilleurs cabinets de conseil, dispositifs lourds, budgets élevés, délais longs : la sophistication stratégique semblait réservée à ceux qui en avaient les moyens.


Pourtant, le paradoxe est aujourd’hui frappant. Les PME et ETI doivent prendre des décisions de plus en plus structurantes dans un environnement instable, mais sans disposer des cadres méthodologiques qui permettent d’en réduire le risque. Marchés plus fragmentés, cycles de vente plus complexes, concurrence accrue, pression sur les marges :

 

la décision stratégique est devenue plus critique, alors même que les outils restent souvent inadaptés.

 

La réalité est bien connue des dirigeants. D’un côté, les grands cabinets délivrent des analyses de grande qualité, mais à des coûts et des délais difficilement compatibles avec la réalité des PME. De l’autre, les experts spécialisés interviennent par silos — marketing, commercial, marque, communication — sans vision intégrée. Résultat : des décisions prises sur des périmètres partiels, rarement comparées, parfois intuitives.


Or le Go-To-Market n’est plus un sujet périphérique. Il conditionne directement la performance économique : pouvoir de pricing, vitesse de conversion, efficacité commerciale, attractivité auprès des clients et des talents. Mal adressé, il génère des surcoûts d’acquisition, une perte de différenciation et des arbitrages d’investissement peu lisibles.

Ce n’est plus un enjeu marketing, c’est un enjeu de pilotage.

Contrairement aux idées reçues, les PME et ETI n’évoluent pas dans des environnements plus simples. Elles cumulent au contraire moins de marges d’erreur, des ressources plus contraintes et une exposition directe aux signaux faibles du marché. Pour elles, décider sans cadre rationnel n’est pas un inconfort : c’est un risque stratégique.


La question n’est donc pas de savoir si les PME doivent « faire comme les grands groupes », mais si elles peuvent accéder à un niveau d’exigence stratégique équivalent, dans un format compatible avec leur réalité. Sur ce point, le modèle traditionnel montre aujourd’hui ses limites.

 

Les évolutions technologiques, et notamment l’intelligence artificielle, changent la donne. Elles permettent d’accélérer l’analyse, de comparer des scénarios, de réduire certains biais et de traiter des volumes d’information jusque-là inaccessibles. Mais l’IA, seule, ne décide pas. La valeur réside dans la combinaison entre la puissance analytique des outils et le jugement stratégique humain, capable de contextualiser, d’arbitrer et d’assumer les choix.


C’est cette hybridation qui ouvre la voie à une démocratisation de la stratégie, sans la dégrader. Une stratégie plus rapide, plus mesurée, plus orientée décision que production de rapports. Une stratégie qui aligne marché, image et réputation pour éclairer les arbitrages concrets des dirigeants.

Faut-il être un grand groupe pour accéder à une vraie stratégie Go-To-Market ?
De moins en moins.

La vraie différenciation ne tient plus à la taille de l’entreprise, mais à la qualité de la méthode, à la capacité à objectiver les décisions et à transformer l’analyse en action.


Dans un environnement incertain, la stratégie n’est plus un luxe réservé à quelques-uns. Elle devient un outil de survie et de croissance durable pour tous.

 

 

Olivier Forlini

Fondateur de GTM NEXUS 360®




Olivier Forlini

Fondateur GTM NEXUS 360®

 

J’ai passé 25 ans dans des cabinets d’études et de conseil stratégique, dont 15 ans chez Gartner sur les sujets Go-To-Market, puis 10 ans dans des cabinets spécialisés dans le management de l’image de marque et de la réputation.


Au cours de ce parcours, j’ai accompagné des grands groupes, des ETI, des PME et des startups. J’ai également été, à plusieurs reprises, directement impliqué dans des initiatives entrepreneuriales.


Cette double exposition — conseil stratégique et réalité entrepreneuriale — m’a conduit à une conviction : dans un environnement économique devenu plus incertain et plus concurrentiel, la croissance ne dépend plus seulement de l’exécution. Elle dépend de la capacité d’une entreprise à structurer son attractivité.


Positionnement de marché, image de marque, réputation : ces dimensions longtemps considérées comme immatérielles deviennent aujourd’hui des actifs stratégiques qui conditionnent la confiance, la différenciation et la performance économique.


C’est pour répondre à cet enjeu que j’ai créé GTM NEXUS 360 en 2025, avec l’ambition de rendre accessibles aux PME et aux ETI des cadres d’analyse et de décision permettant de structurer ces actifs stratégiques et d’en faire de véritables leviers de croissance.


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